Cœur aride, Cœur à rides

J’y repense et, ce ne furent pas que des moments de peine, de haine encore moins de cœur qui saigne.

Sur nos visages, je m’en rappelle, il n’y avait pas de larmes. Lorsqu’il s’y formait des cernes, ce n’était pas des cernes d’heures de pleurs interminables. Nous étions cernés certes mais par la fatigue. Fatigués, d’avoir passé une nuit blanche à rire aux éclats, l’oreille collée au cellulaire, mes cellules en ébullition comme si le souffle de ta voix me pénétrait.

Mes colères ne furent pas que fureur contre le monde, ni contre la vie, ni contre mon sort, ni contre moi-même… Fusse un temps, elles étaient le symbole de mon inquiétude face à ta maladresse, ta négligence ou tes errances qui, lorsque je ne faisais point la police derrière toi, pouvaient porter préjudice à ta frimousse mignonne. Elle qui laissait paraître une insouciance, empreinte de ton apparente innocence.

Mes journées se voulaient maussades, lorsque tu n’avais pas bonne mine mais aujourd’hui la mine déconfite entre déboire et mélancolie, éreinté par ma gueule de bois, je pense à quand tu me faisais la gueule parce que, j’avais peut-être oublié de te dire bonjour avant de vaquer à mes occupations. L’alcool, je devais m’y attendre, n’a pas réussi à me faire oublier tout ça.

Mais pourquoi donc oublier? Puisque ce ne furent pas que des moments de peine, de haine ou encore moins de cœur qui saigne. Et, si parfois j’avais mal, ce n’était point encore de douleur à l’âme, mais très souvent à cause des brûlures de tes griffures que tu laissais sur ma peau à chaque étreinte, chaque baiser, chaque copulation pas des moins intenses que nous avions l’habitude d’avoir. Durant lesquelles, tu n’as point eu d’autres échappatoires, que de planter tes griffes de féline dans ma peau pour me marquer de ton empreinte.

Comme tu le constates, mes blessures n’ont pas toujours été dues à tes coups de poignards que j’ai vu venir très et trop tard. J’avais des plaies qui ne lacéraient pas encore mon coeur, mais me mordaient la peau chaque fois que je prenais une douche. Ces picotements que je ressentais à chaque inflammation me rendaient heureux et euphorique tandis que les lésions que m’ont laissées tes immondices nécrosent mon cœur.
J’y repense, je me souviens, tout au début, de la chaleur de ton sourire qui se confondait à celle des rayons de soleil sur cette plage qui nous servait de scène car nous jouions aux jeux des gens amoureux. Car nous étions amoureux.

L’amour ce n’est point amer quand on y repense. Ces moments sans peine ni haine ou de cœur qui saigne.

Ces moments là, où tu ne me faisais pas encore de crève-cœur, mais plutôt des croche-pattes, avant de t’enfuir me lançant des grimaces amusantes avec ton visage d’ange. Oui, au commencement, ce n’était qu’allégresse. Mais aujourd’hui mon âme crie de détresse car elle erre dans les tréfonds opaques de mes souvenirs, à la recherche du rêve perdu qui hélas, s’est éteint.

Ma vie était d’un ennui lugubre. Tu y es apparue et ta présence a semblé me donner un second souffle. Cependant j’ai fini la mort dans l’âme car sans le savoir, à chaque fois que je perdais le souffle après avoir goulûment bu l’amour sur tes lèvres, j’épuisais petitement mes réserves.

Notre amour m’a essoufflé. Entre tes jambes j’ai longtemps côtoyé les portes du paradis mais aujourd’hui je suis par ta faute à l’article de la mort.

Le silence troublé par nos respirations décadentes après s’être donnés l’un à l’autre est désormais remplacé par un silence de deuil. Ma peau me sert maintenant de linceul. Elle enveloppe avec soin tout ce qui en moi est anéanti. Je pleure donc dans la pénombre, les souvenirs de notre bel amour qui, hélas, s’est évanoui.

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