
Mais que valent mes désirs
Quand tout autour de moi la vie fond comme de la cire.
Que valent nos désirs
Quand pendant que vivons comme des sires,
Quelque part dans le monde, du monde ne désire que périr.
Que valent des désirs
Face à la faucheuse qui n’en finit point de sévir
Car macabre comme on la connaît, elle décime.
Oh oui! Que valent mes désirs
Face à ces jeunes vies qui s’arrêtent de façon horrible;
Face à l’impitoyable mortalité infantile.
Cependant ce que je désire est pourtant si simple.
C’est de pouvoir arrêter la mort qui toujours nous dézingue.
Qui s’en prend à nos enfants et au passage nous esquinte.
Et pouvoir panser ces blessures plus grandes que la vie de ces jeunes étoiles qui, très tôt, sont contraintes de s’éteindre.
Ce que je désire, c’est ne plus avoir à consoler des parents qui plus jamais ne cesseront de geindre.
Cela paraît incommensurable mais ce qui rend mes désirs si simples,
C’est qu’en eux il ne subsiste aucune feinte, de juste vouloir adopter une attitude sainte.
Car mes désirs c’est aussi des prières plutôt que des plaintes.
Prières multilingues juste pour essayer de vaincre, la nature acariâtre et le sort dépourvu de pitié qui, accoure nous atteindre.
Atteindre en plein cœur ces parents qui auront à jamais le cœur qui suinte.
Ce que je désire pour le monde n’a vraiment rien de simple.
Car parce que les souvenirs reviennent, l’esprit se voit errer dans un labyrinthe.
Une spirale infernale jonchée de cauchemars, de pleurs et par-dessus tout, de craintes.
Parce que la mort amère et sauvage nous marque pour toujours de son empreinte.
Et qu’est-ce, si ce n’est la perpétuelle peur qui, même dans notre sommeil, nous éreinte?
Une gêne constante et oppressante car se sont logés dans nos cœurs des milliers de seringues.
Dites-moi pourquoi toute cette peine ne peut disparaître.
Pour redonner goût à la vie à ces pères et mères n’ayant plus qu’une envie. Celle de reparaître à la lumière du jour et redire bonjour à toute la planète. Rire de nouveau aux éclats en fumant une bonne cigarette.
Car même si vivre est obligatoire, la vie, elle, est quand même passagère.
N’étant pas parfaite, elle se montre avec une insolence sans pareille, éphémère.
Cruelle elle emporte nos enfants, nos espoirs, de si petits êtres, qui n’ont pas demandé à naître.
Lacérant au passage des mères, certaines même déjà lacérées par une césarienne.
Elles perdent une partie d’elles qui est sans nul doute titanesque.
Perte tellement conséquente qu’on en vient à les méconnaître, épuisées de vivre toute leur vie avec ce pesant mal-être.
Ainsi donc avec la gorge nouée je me proclame vizir malgré que mes désirs ne pèsent point, pour dénoncer ce litige. Je me dresse alors déterminé tel un vigile pour essayer de mettre fin à ces malheurs qui nous bombardent tels des missiles.
Mais hélas, à la mort juvénile, à la mort tout court, je n’ai pas d’élixirs.
Faire des miracles s’avère une tâche si difficile
Dommage, j’en suis navré, que ma guerre ne peut s’arrêter qu’à
de simples désirs…